Assaut 38 de juillet 2016
Compte-rendu retranscrit par le Rôdeur sous la pression du groupe, après que celui-ci se soit plaint du fait que peu de comptes-rendus voyaient le jour. Sentence prononcée par le Général au travers d’un “Bah t’as qu’à le faire, toi !”, face auquel le Rôdeur resta ébaubi, et les Assassins moqueurs.
Il faut donc savoir que l’écriture de ce compte-rendu a commencé début août, et s’est terminée fin septembre. Les notes prises par le Rôdeur sont floues, les souvenirs encore plus, et les bars ont été expédiés assez rapidement. Ce compte-rendu sera donc un peu décousu.
L’Orgueil des Assassins - Assaut XXXVIII
Aussi appelé Assaut Croix Croix Croix Vé Baton Baton Baton par les mecs qui reprennent les vannes des Inconnus.
C’est l’été. Et l’été c’est bien, et c’est aussi pas bien. C’est bien parce qu’il fait jour tard et qu’on se souvient subitement qu’existent les jupes et les débardeurs, c’est pas bien parce que les Assassins sont en vacances, que c’est compliqué de faire un Assaut au complet, et que quand on prend le métro, à force de marcher sous une chaleur de plomb, on transpire des valseuses, et le caleçon se trempe. En dépit de ces impondérables, les Assassins sont présents en masse.
Quasimageot peut compter ce soir sur le Général, le Colonel, le Mime, le Butin, le Vino, le Kamel et quelques extras, à savoir la Recrue, qui décidément fait son trou, et arrivait du Touquet, chaud comme une baraque à frites, et le Rôdeur, qui avait atterri d’Asie le matin-même, chaud comme un rouleau de printemps. C’est dire.
Le rendez-vous est donné à Place d’Italie, sous le cagnard. A l’heure du rendez-vous, le Carto est déjà en place en terrasse. Le Rôdeur, ne tarde pas à rejoindre la Place d’Italie, et entame un tour de la place pour retrouver ce bon Carto. Il fera tout le tour, pour finalement revenir à son point de départ, et s’apercevoir que le bar était juste derrière lui dès le début. En chemin, il croise le Butin, qui arrive à vive allure sur son Vélib : “Eh le Butin !” s’écrie-t-il en agitant le bras. L’ignorant complètement, le Butin continue fièrement sa route, son tee-shirt “Je suis le Butin” sur ses épaules. “Mais non je déconneu” dit-il en s’arrêtant.
“T’as vu ? Plus vite que Christopher Froome, si je dépose le Vélib en moins de 30 minutes, c’est gratuit”, lance-t-il en essuyant de grosses gouttes de sueur dégoulinaient de son front. Il se précipite à la borne de Vélib, l’encastre dedans : 28 minutes pour faire Place de Clichy - Place d’Italie. La performance est belle : Google Maps indique un temps de parcours indicatif de 34 minutes. Le tout, sans pisser vert. Prends-ça, le docteur Fuentes. Ils retrouvent le reste du groupe devant le bar dans lequel le Carto attend toujours seul.
C’est l’instant Mode et Délicatesse : les Assassins se réjouissent de voir que tous sont habillés avec le même short. Quelques photos absolument importantes sont prises, et le Vino débarque sur son VTT. Le Général lui fait la blague de “Je peux l’essayer ?”-en-fait-je-te-le-pique-mais-non-c’est-une-blague à laquelle il force les Assassins à rire.
Le premier bar du soir se nomme la Taverne de la Butte, et se trouve au Passage Boiton, territoire du Butin (je ne sais pas où est la vanne, j’ai retrouvé ça dans mes notes, démerdez-vous avec). Les comparses se réunissent dans la ruelle en contrebas, pinte en plastique à la main. Alors que le serveur apporte des frites, une photo de groupe est prise. Au second plan, un patapouf que personne ne connait est accoudé à une fenêtre, et s’incruste sur la photo. Après la photo, le Général fait une démonstration de free-fight, comme à son habitude, et décoche une vraie patate involontaire dans la tronche d’un des Assassins. Stupeur. Emotion. Personne ne bouge, de peur d’en prendre une autre.
Du coup, dans le doute, les Assassins commandent d’autres bières. L’ordre du jour est évoqué, les points classiques sont approuvés (tabassage du Rôdeur, récupération de la cotisation auprès de l’Ingérable), et nous attendons la Recrue qui “doit arriver d’un moment à l’autre”, selon le Mime. La Recrue met quand même du temps. Les Assassins décident à l’unanimité de l’appeler l’Amiral, parce que ça lui va bien.
Il n’aura qu’une heure de retard, ouf. L’Amiral est acclamé par les Assassins.
C’est l’heure de bouger dans un autre bar. Autre bar, qui s’avèrera être un rade tout à fait dégueulasse. Néanmoins, cela n’empêche pas le Carto de commander une bière, et de s’empresser de la renverser sur le pantalon Ben Sherman du Kamel. Etait-ce à dessein ? Etait-ce involontaire ? Toujours est-il que le Kamel reste d’une sérénité impénétrable, ce qui s’avère en fait parfaitement effrayant.
La carte des cocktails n’est pas dingue, du coup, ce sera des mojitos pour la plupart des Assassins. Les cocktails sont servis, ce qui met les Assassins en joie. Les cocktails sont dégustés, ce qui met les Assassins en colère.
Les mojitos sont parfaitement dégueulasses, ce qui inspire au Rôdeur le concept de “Mojaté”, à savoir un mojito raté. De fait, par rage et maladresse, le Rôdeur renverse son mojaté sur la table, puis remet ce qu’il peut dans son verre, à l’aide de ses mains. Ni vu ni connu. Le Kamel, bienveillant, dit alors au Rôdeur “Tu sais, si t’en redemandes un gentiment, t’en auras un autre”, “c’est bien le problème”, répond le Rôdeur.
Il ne faut pas tarder, et lever le camp.
Ce nouveau bar sera lui aussi expédié assez rapidement, deux faits notables s’y dérouleront :
- le Colo et le Vino introduisent le concept d’iceberg inversé de l’homosexualité. [Note de l’auteur : mes notes ne sont pas fiables et mon souvenir beaucoup trop lointain, mais du coup, il m’est difficile de me remémorer comment fonctionne exactement cette vanne. Mais c’était rigolo sur le moment.]
- le fromage sera battu sur Thomas le Mitard Amiral dont le surnom évoluera encore par la suite.
Le prochain bar sera le lieu dans lequel un Assassin fera un joli jeu de mots sur Nachatte Vallaut Belle Gazée. Il faut vraiment que je note le nom des auteurs des vannes, moi.
Il sera également le théâtre d’un épique bras de fer entre le Vino et le Colonel, qui sera remporté par… l’amour. Les deux comparses terminent le bras de fer en se faisant un petit bisou #NoHomo mais un peu Guilty! quand même.
C’est déjà l’heure du cinquième ou sixième bar, les souvenirs sont vagues alors qu’il n’est même pas 22h. Tristesse.
Néanmoins, le Kamel définit les règles d’un nouveau jeu télévisé à succès : Les Zemmours, où le concept est de participer en couple, et poser à l’autre des questions antisémites et islamophobes.
Pendant ce temps, le Mime et le futur Ecuyer s’amusent à mettre des doigts dans le cul d’un date Meetic. Meetic, tu cliques, tu fistes.
Après avoir pris une photo du Général, et d’un mec avec son bébé qui avaient tous les deux le même short que lui, les Assassins s’aventurent dans le bar suivant. Le rythme est effréné.
Le temps ralentit dans ce bar. Pourtant, l’impensable est sur le point de se produire.
Neuf mois auparavant, le Rôdeur avait lâchement frappé le Carto en pleine tête, suite à une plaisanterie de celui-ci après l’humiliation (somme toute prévisible, il faut bien le reconnaitre) du XV de France par les All-Blacks en Coupe du Monde.
Alors que personne ne leur prêtait attention à part le Mime, les deux comparses se réconcilient, après présentation et acceptation d’excuses. L’armistice est signée à 22h58, sous les yeux du Mime, ce qui met fin à l’une des plus pernicieuses discordes du Club.
Tandis que le trois Assassins se remettent de leurs émotions, le Général et le Vino reviennent vers eux. Cette fois non plus, personne n’était prêt à cette annonce, personne ne pouvait imaginer ce qu’il se tramait. Pourtant, le plus haut Haut Fait de l’histoire du Club va être révélé : le Général et le Vino ont obtenu la culotte d’une fille dans la rue. Et ce, sans faire usage de la force, de violences physiques ou psychologiques, de manipulation, de harcèlement, ou de drogue. Elle leur a remis de son plein gré.
Une médaille pour ces Assassins, que leur gloire soit chantée à tout jamais par le Club, que Quasimageot les reconnaisse comme les siens pour l’éternité !
Le Carto, le Vino et le Butin s’attablent ensuite avec de jeunes gens sympathiques mais inconnus. La raison de ce rapprochement soudain est simple : ils ont de la pizza. Problème : ils ne veulent pas partager, ce n’est pas très Charlie !
Les Assassins négocient donc âprement le partage de la calzone, et après une demi-heure d’efforts, en obtiennent un morceau. C’est très Charlzone ! Soudain, c’est le drame.
Emoustillés par leur fraîche réconciliation, le Carto et le Rôdeur se disent qu’ils iraient bien manger un grec. En même temps, après 7 bars, donc 4 à casser les couilles de tout le monde pour manger, il est temps d’y aller. En partant, ils savent que l’irréparable va se produire. Mais la faim est tenace, et la fatigue coriace. Les deux amis s’attablent donc dans un grec, et remplissent leur panse. Et l’irréparable se produit.
Ils sont désormais trop loin du groupe, trop bourrés, trop fatigués. Ils abandonnent leurs frères.
La suite du récit appartient donc au Butin, au Général, au Mime, au Vino, au Kamel, et à l’Ecuyer.
Le Carto et le Rôdeur sont vaincus par K.O.
Le retour en métro est cependant l’occasion pour le Rôdeur d’assister à un fantastique spectacle sur la ligne 7. Touché par l’alcool, il se réveille en sursaut sur un strapontin. Devant lui, entre les portes latérales du métro, se trouve un rasta d’une quarantaine d’années, passable défoncé par ce que l’on appelle dans le jargon la “bonne 8.6 de clochard”.
Celui-ci semble un peu agressif, mais dès qu’il ouvre la bouche, les doutes s’estompent : il est sympa.
Avec le peu d’élocution qu’il lui reste, le rasta s’adresse à tout le wagon de métro :
“Meeeeeeeessieurs dames… Bonsoare ! Ze suis désolé de vous déraaaanger, mais… non non non, j’ai pas besoin d’argent, hihihi ! Eeeest-ce que ça dérange quelqu’un si… JE FUME ?! Hein ?” Il compte alors les mains levées.
“1, 2, 4, 6, 5, 8. Bon. C’est beauuuucouuup !” Il prend un moment de réflexion.
“Mais vous êtes combiennnn ?” Il prend un moment de réflexion.
” 18 ! Ah ! Hahahaha ! C’est bon ! Vous n’êtes pas en majorité ! C’est la démocratie !”
“Bon… maintenant, je vais donc fumer puisque vous n’êtes pas assez nombreux à vous y opposer !” Il prend un moment de réflexion.
“Est-ce que quelqu’un a une clope pour moi ?”
Le Rôdeur