Mes frères, chose promise chose dûe, le compte-rendu du dernier Assaut.

Compte-rendu de l’Assaut XXI. Jeudi 18 décembre

Dernier Assaut 2014 avec le Club au complet : le Président et le Carto sont de retour parmi nous.

Assaut spécial puisqu’il se déroule en semaine et en famille pour commencer, chez les Cottier. Pré-assaut de qualité gustative, champagne, foie gras et petits-fours. Les filles sont avec nous. La joie des Assassins de se retrouver tous ensemble est sans commune mesure, les chants, les cris de guerre et les bonnes tapes dans le dos sont de rigueur. Quelques vannes fusent aussi, l’Ingérable, le rôdeur et le Kamel y prennent leur large part. PJ Cottier, aka il Padrino, apparaît naturellement aux yeux de tous comme membre honorifique du Club. Le Butin n’est pas mécontent de découvrir ce personnage et optera pour ne jamais s’éloigner de plus de cinq centimètres de lui, tentant de l’épater par de bonnes blagues bien senties sur les membres du Club et autre alcool de poire sorti tout droit du sac à butins. Les danses collectives finissent de transcender le Club qui décide d’en venir aux discours de clôture de cet an 2, riche en événements. Le Président ouvre le bal avec une prise de parole toute en modestie et paternalisme souhaitant longue vie au Club et promettant de toujours garder un œil sur lui, même outre-atlantique. Le Vino tout de Tweed vêtu, et déclaré Assassin de l’année par l’assemblée – à l’exception du Kamel et de l’ingérable qui ne comprennent pas pourquoi certains ont des titres et d’autres non alors qu’eux-mêmes sont les meilleurs en plus – prend le relais et déclame à tous sa passion pour le Club et son amour pour ses frères. Il jure de poursuivre sur sa lancée et de nous épater en 2015. Les verres s’entrechoquent, les larmes coulent. Le Cartographe, visiblement complètement euphorique à l’idée de refaire un Assaut après de longs mois d’absences, prend les choses en main et invite les Assassins à clore ce dernier pré-Assaut pour entamer la Carte préparée par ses soins. Les manteaux s’enfilent, les gilets de cotons se reboutonnent, les tee-shirt Quasimageot disparaissent et les écharpes s’enroulent. Les Assassins sont partis….

Le Carto prend les choses en main, direction rue des Dames pour un Assaut revival. Par un choix tactique très judicieux, il opte pour nous éviter de garder notre état d’ébriété en ne perdant que 5 minutes dans le métro. Trop fin connaisseur de ces frères, il sait que ces derniers aiment se saouler puis désaouler puis recommencer jusqu’à ce que leur énergie vitale soit épuisée. C’est ainsi qu’il nous entraîne dans une marche de plus de 45 minutes à travers le froid glacial du Paris de décembre. Sur la route, les conversations vont bon train. Chaque Assassin partage ses idées pour le Club et sa vision du futur. Des binômes se forment, impossible de connaître les échanges exacts des uns et des autres. Chaque Assassin décide de renforcer ses liens de sang avec untel ou untel. Par un formidable concours de circonstance, le Général se retrouve parachuté aux cotés du Kamel et du Colonel. C’est alors qu’il se lance dans un résumé envoûtant de son bouquin sur les Hell’s Angels tentant de démontrer à ses acolytes à quel point ils sont une source d’inspiration pour le Club. Bien que polis, les deux Assassins semblèrent assez dubitatifs et ne firent finalement même pas semblant d’apprécier l’anecdote du Biker qui niqua un flic en arborant ses couleurs sur tous ses vêtements et même tatoué sur son corps… De loin des rires d’Assassins nous parviennent. Le Carto et le Président ont disparus dans la brume, bien loin devant les troupes pour les guider à travers les méandres du 8e arrondissement de Paris. Après avoir frôlé la fausse route, l’arrière-troupe composée des filles, du Kamel, de l’ingérable, du Rôdeur, du Colonel et du Général finit par recoller au peloton de tête au niveau de Villiers. C’est là, qu’à la vue de la Rue des Dames, le Butin entâme ses chants de guerre et autres cris malfaisants destinés à effrayer les bourgeois. Aussitôt le Club reprend en cœur la terrible mélodie Quasimagesque signifiant l’arrivée des Assassins. Le Président n’est pas ému. La mine déconfite il marmonne que nous chantons « Harry Potter », ça l’énerve et lui rappelle que les Assassins usent aussi désormais des hastags dont il a horreur. Le Général se défend aussitôt de cet usage mais pas le temps de lancer le débat, les guerriers s’arrêtent devant le premier bar. Un rapide tour du Carto à l’intérieur suffit à convaincre tout le monde que l’endroit est inadapté à l’arrivée massive du Club et de ses douze éléments, compte tenu de la présence des girls. Les râles commencent à s’entendre. Le Rodeur et le Mime sont convaincus de la mauvaise organisation de cet Assaut et n’hésitent pas à chier sur la gueule des autres. Le Général se marre bien dans son coin et le Carto n’en a strictement rien à foutre puisqu’il est déjà bien loin devant un second bar qui cette fois nous tend les bras.

Le 3 pièces cuisine est tout disposé à recevoir le Club. Tels des ninjas, les Assassins font irruption dans l’antre et se séparent en un éclair, certains fonçant au bar d’autres se ruant sur une table libre, d’autres préférant se poster à moins de 15 centimètres de deux mignonnes, belles comme le jour. Un Ricard, deux pintes de blonde dont un picon, deux faux long Island (tristement rebaptisés par un nom qui ne mérite pas d’être retenu), un bloody Mary, un jus de pomme, trois pintes de blanche, une pinte de cidre et un mojito (à prononcer à la française selon la tradition du Vino) sont commandés. Plusieurs spots à mignonnes sont identifiés mais le premier ne s’attarde pas, se sentant acculé par des Assassins encercleurs. Après quelques blagues du Butin et de l’Ingérable, c’est le second qui s’enfuit… Les mignonnes auraient-elles senties qu’elles ne rivalisaient avec les femmes des Assassins qui les fusillaient du regard de manière imperceptible ? Sans avoir l’air de se soucier de la gent féminine, la Butine régale justement les Assassins attablés d’anecdotes du milieu de la mode jet-setteuse. Le Rodeur, la Généralesse, le Général, le Vino – temporairement redevenu Manu le Gros iench – et le Kamel, jamais trop loin de la Butine, tendent tous une oreille attentive à cette sombre histoire de cuni réalisé par un pompier en plein milieu d’une piste de danse bondée à une vieille femme de la mode, façon le diable s’habille en Prada. Le Kamel et le Général sont dubitatifs et essaient de comprendre comment cela est possible. Manu le gros iench, lui, voit très bien la scène. C’est les yeux brillants et la tête plein d’étoiles qu’il entend le Carto siffler la fin de la récré. Tout le monde se bouge, bar suivant !

L’armée enfile la rue et passe devant un des grands symboles du Club : la plaque de la rue des Assassins. Si le temps a eu raison de la plaque en elle-même, il reste des vestiges de son accroche et soudain tous se remémorent la scène en soupirant, putain déjà deux ans… Pour entériner le pèlerinage, d’autres Assassins envisagent une halte au troquet portos qui lui fait face mais un match Benfica-Porto altère considérablement l’ambiance et l’idée devient mauvaise. Le Carto fait signe de continuer direction un autre bar bien connu des Assassins. Tout en longueur, quelques tables pour accueillir les Assassins et un bon vieux Bonzini caché dans le fond, c’est parfait pour le Club. Sans réfléchir le Butin et le Colo se faufilent jusqu’au baby pendant que le Général tente de s’en sortir avec les consos. Chose qu’il fit rapidement avant de rejoindre ses acolytes pour donner une bonne leçon aux faux marins hypsters qui se la jouent pros du baby. Une première doublette Colo/Butin vient facilement à bout du duo Vino/Rodeur sous les rires des observateurs. C’est là que les hipsters décident de se frotter au Club en prenant comme adversaire la paire Général/Ingérable rebaptisée dans ces moments là L’ingénérable. Malheureusement peu accoutumé à cette machine parfaitement maîtrisée par les deux péquenots, l’Ingénérable est rapidement défait. Le Rôdeur tente de sauver l’honneur sans grand succès. C’est alors que le Butin fit son arrivée divine aux cotés du Général pour leur apprendre une bonne fois pour toute la vie. Duel serré mais le Brunéral gagne peu à peu du terrain sur les deux couillons qui soudainement fanfaronnent moins. La victoire est acquise, ils ne pourront pas remonter même en marquant le dernier demi en jeu, c’est la joie du Club. Évidemment ils partiront sans fierté évoquant que c’est le dernier but marqué qui fait gagner la partie même si on a moins de points… « C’est pas graveuh les gars, moi aussi je m’inventeuh des histoires quand ça va pas bieng » rétorqua alors le Butin dans un grand éclat de rire plein de mépris. Les rangs se resserrent autour du comptoir, nouvelle tournée et discussions endiablées. Soudain, silence dans tout le bar. C’est un immense grondement qui vient fracasser l’ambiance festive. Tout le monde s’arrête, pensant l’espace de quelques secondes à un tremblement de terre. De nouveau, un immense grondement. Le barman au physique de Lino Ventura pense localiser la source du bruit et se rue de manière agressive à la porte des chiottes. Les Assassins, situés justement pile dans l’axe de la porte, découvrent alors un Colo et un Rodeûr totalement nonchalants expliquant calmement qu’ils se lavent les mains entre copains, rien de plus. Le Barman s’en va groggy n’ayant rien compris du mystère Quasimagesque qui vient de frapper son bar. Il ne sait évidemment pas que c’est dans les chiottes que le Rodeur est le plus créatif. La lune se situe haut dans le ciel lorsque les filles, le Vino et l’Ingérable décident de quitter l’armada. Les premières parce qu’elles sont malades et fatiguées, le Vino parce qu’est l’heure et le dernier parce qu’il « doit voir une meuf trop bonne ». La formule classique donc.

Les séparations se font dans la rue à quelques mètres du bar. Le Kamel repère un jeune nerveux qui nous fixe parce que 10 Assassins à côté de son scooter de merde, ça représente un danger. Rejoint par deux bougres, il croit pertinent de continuer son manège mais c’était sans compter sur l’indifférence des Assassins qui n’envisagent pas de craindre trois bouffons motorisés et s’en vont, quittés par 4 des leurs. La team resserrée est pleine de joie et s’engouffre dans les petites rues qui mènent tout droit à la place de Clichy. Certains se soulagent la vessie, d’autres blaguent, un autre regarde les vitrines éteintes des librairies pour contempler la dernière œuvre de Bernard Henri Lavulve. C’est là que le Général s’en prend par-derrière au Carto qui ne daigne pas rentrer dans son jeu mais qui semble tout de même apprécier la courte joute. Après deux ou trois hésitations pour le choix du bar, c’est un autre symbole du Club qui est retenu, le bar du Grand-Soir et des premiers Hauts-Faits. C’est sans hésiter que les Assassins se ruent sur la table sacrée, située juste à côté de la trappe magique. Les bières, le jus de pomme et le Ricard sont commandés. Des gâteaux dégueu à la cannelle sont filés. C’est le moment des photos de famille et dernières blagues. Le Butin suit le serveur dans la trappe histoire d’un moment de nostalgie… il en ressort heureux comme aux premières heures. Le Président, le Kamel et le Carto choisissent de quitter l’assemblée pour un repos bien mérité. 5 Assassins suffisent à créer un Haut-Fait. Le Butin qui a décidément repris du poil de la bête, décroche quelques éléments de décor pour les fourrer dans son sac à butins. Seulement il prend le temps d’abord de les arborer comme un fier guerrier Mahori. Ce qui n’échappe pas au tavernier qui lui demande de les remettre. Tournée de shots du Colonel qui découvre en parallèle l‘existence d’un jeu de fléchettes annonciateur de terribles parties. Le Rôdeur préfère s’éclipser par la porte de derrière pour escalader les bâtiments de la cour, ce qui laisse indifférents ses frères qui le regardent s’en aller et ferment la porte derrière lui. Malgré l’alcool, le Colo témoigne de sa dextérité. Le Mime, mois habile manque plusieurs fois de planter ses fléchettes aux sol pourtant à un mètre cinquante de la cible… Les Assassins sont pris de passion. Le Colo crie seulement 13 fois, ce qui finit par énerver le barman qui vient lu faire remarquer. Le bar est quasiment vide et le Rodeur revient de balade. Le barman qui nous surveillait depuis le décrochage de déco et les hurlements, ne rate évidemment pas le retour du Rôdeur… C’est la goutte d’eau, il vient mettre un terme à notre collaboration. C’est là que le Général hausse le ton tout en gardant une certaine nonchalance. Il demande gentiment à cet interlocuteur d’ « arrêter de nous provoquer depuis le début » et de « cesser de nous mépriser », le tout en rentrant dans les chiottes pour pisser à côté sur conseil du Butin rentré avec lui et lui montrant du bout du doigt où viser. Le barman enrage devant tant de désinvolture mais le Mime intervient avec toute sa sagesse et le ramène à la raison. Une nouvelle partie de fléchettes peut commencer avec l’équipe au complet et une nouvelle tournée de bières. Mais cette nouvelle tournée déclenche chez le Colo une crise appelée la malédiction du Général. Ce n’est plus le Colo qui s’adresse au Club mais un autre personnage hurlant, il veut « rendre la pareille », « une bière contre une bière », que « tout le monde raque » ou bien « rentre dans son duplex ». Le Butin calme les esprits et le bar ferme nous jetant à la rue. Un Colonel possédé par l’esprit du Général ne pouvant se stopper net, pas moins de 15 minutes de hurlement s’en suivirent. Le Mime et le Rôdeur s’opposèrent aux théories Colonelesques sans pour autant enflammer le débat…. C’est finalement la volonté collective d’une dernière bière qui fit passer le Club à autre chose. S’en suit une balade de bars en bars pour trouver celui qui bravera la loi pour nous faire rentrer malgré l’heure tardive mais Paris n’étant plus ce qu’elle était, les Assassins durent se rendre à l’évidence et se séparer, le temps d’une pause d’adieu donnant l’occasion au Colonel de reprendre sa diatribe. Malgré tout les Assassins se séparèrent plus frères que jamais, déterminés à affronter cet an 3 avec férocité.

Longue vie aux Assassins, Gloire à Quasimageot !

Le Général